J'avais déjà discuté ici des adaptations littéraires, sujet passionnant, et des adaptations de comic-books, une sorte d'ancrage encore plus fort dans la culture de masse... Ici, nous nous retrouvons au cas suivant: l'adaptation cinématographique de jeux vidéos. La chose n'est pas nouvelle dans la mesure où il y a déjà eu par exemple, Resident Evil ou encore Silent Hill (films d'horreur), Lara Croft etc. pour ne nommer qu'eux. L'idée peut être intéressante si le scénario est bon, toujours dans l'optique de séduire les joueurs de ces mêmes jeux vidéos à venir voir le film en salle, et pourquoi pas, capter une autre audience, la jeunesse.
Mais quand il s'agit d'une adaptation d'un jeu vidéo à succès, estampillé Walt Disney d'une part (garantissant un spectacle tout public, à visionner en famille) et Jerry Bruckheimer, LE producteur des blockbusters américains... il est évident que nous avons affaire à un produit, destiné à être consommé!
Servi par de très bon acteurs, Jake Gyllenhaal aussi à l'aise dans des superproductions que chez les "indés", Gemma Arterton la jeune britannique qui monte, puis Ben Kingsley, habitué depuis quelque temps à des rôles de super méchants... le film se laisse voir même s'il s'agit d'un super gloubiboulga historique et culturel! Dastan (J. Gyllenhaal), petit orphelin des rues, est adopté par le roi de Perse, Sharaman. 15 ans plus tard, il doit assiéger la forteresse d'Alamut, une ville considérée comme sainte, avec Nizam son oncle, et ses deux frères. Ayant accompli cet exploit tout seul, il est accusé à tort d'avoir tué son père adoptif en lui offrant une robe empoisonnée (ouh ouh, mythologie grecque quand tu nous tiens! cf. Médée et Créuse) et est contraint de s'enfuir avec la princesse Tamina (G. Aterton), non sans avoir pris un poignard magique! Et oui, parce que se poignard qui contient du sable, permet de changer le passé, d'où le titre "sands of time"... poignard dont voudrait s'emparer son oncle Nizam pour refaire le passé et devenir roi à la place de son frère Sharaman. Je vous fais grâce de toutes les péripéties inouïes que le prince Dastan subit. Car au fond, ce film a plutôt une structure narrative comparable au conte, avec moults rebondissements, une quête à accomplir, des personnages très positifs/négatifs etc. Et finalement, il y a tous les éléments "pseudo-orientaux" pour justement créer une ambiance un peu arabisante/orientale. Entre les danseuses du ventre, des prêtresses mystiques, des assassins derviches tourneurs élevant des serpents, des bandits qui s'adonnent aux courses d'autruches, on nage complètement dans la fabrication historique la plus farfelue. Ce qui peut passer dans un jeu vidéo pour adolescents est tout de même plus difficlement transposable à l'écran.
Pour revenir à la problématique du départ, faut-il obligatoirement proposer une relecture politique des blockbusters, je pense que oui. A mon avis, les blockbusters ne sont jamais anodins. Parce qu'ils visent une très large audience, ils sont capables de véhiculer des idées qui toucheront un très grand public. Entre les valeurs américaines capitalistes que l'on retrouve dans le film du style "je ne paie pas mes taxes à l'empire perse" et la guerre contre Alamut utlisée comme une allégorie de la guerre d'Irak... je reste dubitative. D'autant plus que Dastan arrive à arrêter cette guerre grâce au poignard magique. Disney, quand tu nous tiens! On peut se demander évidemment à quoi sert ce genre de film? Uniquement produit commercial ou alors un film nécessitant une seconde lecture? Allez... juste pour les beaux yeaux de Jake!
























